Point d'étape : synthèse des avancées du groupe

Extrait de la Newsletter - Avril 2014

La gestion des eaux pluviales et la mise en place de techniques alternatives font appel au concours d'acteurs très diversifiés. Les clés de la réussite nécessitent de partager une culture commune, de savoir travailler ensemble, de proposer des projets  techniquement, économiquement et écologiquement raisonnables, de savoir répondre à un besoin sociétal… en somme, de concilier gouvernance et développement durable. Afin de comprendre dans le détail tous les mécanismes qui entrent en jeu pour la prise en compte d'une solution pérenne de gestion des eaux pluviales dans l'élaboration d'un projet d'aménagement, le groupe a choisi de limiter son terrain d'étude à l'agglomération parisienne et de s'intéresser aux aménagements d'envergure de type ZAC. Les discussions ont rapidement fait apparaitre que même les projets présentés comme « exemplaires » sont controversés et suscitent des jugements contradictoires, en fonction des acteurs engagés dans le processus, des objectifs poursuivis, des niveaux de gestion et des échelles de temps. Ce constat pose avec acuité le problème de l’évaluation des actions mises en place et la désignation des « bonnes pratiques » en la matière.

Deux stages ont été lancés dans le but de bénéficier d’éléments concrets pour faire avancer la réflexion. Ils devraient permettre d’éclairer des processus de décision parfois perçus comme « irrationnels ». Le premier stage (5 mois et demi, démarrage mi-avril) interroge la coordination interservices en amont des opérations sur 4 projets franciliens. Le second (6 mois, débuté au 1er mars) consiste en une évaluation multicritères de deux projets distincts de maîtrise des eaux urbaines, et devrait aboutir à une grille d’indicateurs utilisable pour des choix futurs. L’élaboration des sujets de stage a montré la difficulté des participants à définir ensemble et de manière consensuelle les termes et notions relatifs à la gestion des eaux pluviales. Cette dynamique illustre avec force la diversité des références et cultures professionnelles et la nécessité d’un dialogue à poursuivre.

Extrait de la Newsletter - Juillet 2014

Le groupe 4 discute des coopérations entre services urbains (en particulier des relations entre collectivités, aménageurs et maîtres d’œuvre) dans le cadre des politiques de gestion des eaux pluviales, à la fois déconcentrées et multi-acteurs. Le collectif a opté pour la production d’une expertise éclairant ces processus, conduite par deux stagiaires qui ont bien avancé dans leurs travaux respectifs. Des résultats intermédiaires ont été présentés à l’occasion de la dernière séance. Un premier stage, qui vise la construction d’une grille d’évaluation multicritères pour les solutions de gestion des eaux pluviales, révèle les difficultés liées à l’élaboration des critères et au renseignement des indicateurs. Le choix comme l’interprétation de ces deux outils d’évaluation sont loin d’être neutres ou objectifs, et font appel à des cultures et des références  qui différent selon l'expérience des participants. Un chercheur pointe par exemple les indicateurs retenus : ne vont-ils pas dans le sens d’un prosélytisme implicite en faveur des techniques alternatives ? Comment concevoir un système d’évaluation qui ne renforcerait pas d’emblée un parti-pris partagé par le groupe ? N’y a-t-il pas ici une forme d’impensé à considérer ? Le deuxième point de discussion concerne l’insertion des techniques alternatives dans l’espace public : comment concilier l’usage des espaces (contenant des solutions hydrauliques) et leur pérennité dans le temps ? Si l’usage d’un équipement traduit son appropriation par les usagers, et peut donc être considéré comme positif du point de vue du « projet urbain », il comporte aussi un certain nombre de risques : vieillissement prématuré, détournement dommageable de l’emploi initialement prévu, etc.

La confrontation des témoignages, exprimés par un ensemble d’acteurs de plus en plus diversifiés  (chercheurs, responsable des services d’Eau et d’assainissement mais aussi des Espaces verts, directeurs de bureaux d’études, aménageurs, chargés d’études prospectives…) ont permis de discuter ces questions au travers d’expériences concrètes et de mettre en perspectives les visions de chacun.  L’intérêt des échanges tient aussi au fait que les participants ont accepté de s’intéresser à des cas d’échecs manifestes, et pas seulement de succès qu’on aurait spontanément tendance à prendre pour référence.

Un second stage interroge, dans le contexte des grands projets urbains de type ZAC qui constituent l’essentiel des terrains d’étude, la coordination interservices pour la mise en place d'une stratégie de gestion des eaux pluviales. Il s’agit d’identifier les problèmes, difficultés, points de blocage mais aussi leviers en se focalisant notamment sur les jeux d’acteurs (aménageurs, architectes, urbanistes, paysagistes, élus, promoteurs...). Les critères guidant l’analyse ont aussi été ardemment discutés, soulevant des questions pratiques mais aussi théoriques à l’adresse des sciences humaines : comment mettre en œuvre une analyse « stratégique » réellement utile, qui ne se réduirait pas à l’identification de quelques personnes clés et de leurs marges de manœuvre ? Comment passer de la compréhension d’une situation à la formulation de préconisations et de pistes d’action sur les plans organisationnels et institutionnels ? Quel est le rôle et la portée des hypothèses généralistes (et parfois exploratoires) apportées par le chercheur, face aux problèmes très concrets des opérationnels ?

Le stagiaire apprenti-chercheur s’approprie le questionnement initial des praticiens, le nourrit au prisme d’autres cas d’études, propose sa propre logique de questionnement, soulève des causalités que l’ensemble des participants ne souhaite pas nécessairement voir abordées, ou qui ne sont pas jugées pertinentes. Ces considérations éclairent tout à la fois l’ambition d’ARCEAU et les difficultés qu’elle pose : produire des connaissances théoriques respectueuses des démarches de recherche relatives à chaque discipline (les stages proposés se doivent de « faire science » et ne peuvent être entièrement pilotés ou orientés par les praticiens) tout en répondant aux fortes attentes des acteurs de terrain, désireux que le sujet et son traitement ne leur « échappe » pas et apporte bien les résultats escomptés. D’autant que si l’ensemble des participants s’investit dans ce cadre, c’est pour qu’il produise quelque chose d’hybride qui pourra in fine participer à la conduite du changement.

De ce point de vue, ARCEAU est bien ce « lieu » où ce besoin peut s’exprimer et où la traduction doit s’opérer, et la dernière séance du GGT 4 illustre la façon (certes, parfois non dénuée de tension) dont on y travaille. La pédagogie de part et d’autre est de mise, et les échanges de plus en plus fréquents devraient permettre de mieux appréhender les cultures professionnelles de chacun, afin d’extraire de ces stages des enseignements éclairant des problématiques spécifiques et territorialisées. 

Extrait de la Newsletter - Février 2016

Le groupe a établi son programme de travail pour l’année 2016 au cours de sa séance du 14 janvier. Dans un premier temps, il se concentrera sur la finalisation de ses projets en cours, à savoir la valorisation des 2 stages qu’il a accompagnés depuis sa constitution.

Rappelons que le premier stage a permis d’interroger 4 grands projets urbains sur leur intégration (ou non) de la gestion à la source des eaux pluviales. Ce travail conséquent a été traduit sous le format original de « récit » par le stagiaire et le groupe en a tiré, en 2015, des enseignements pour les 4 grandes familles d’intervenants dans les projets urbains, que sont : les élus, les services techniques, les aménageurs, les architectes et les urbanistes. Il a souhaité valoriser ces enseignements sous forme de « clés de réussite », qu’il a synthétisées dans 4 plaquettes différentes, correspondant aux 4 familles d’intervenants.