Point d'étape : synthèse des avancées du groupe

Extrait de la Newsletter - Avril 2014

« Petites rivières urbaines » : vers un regard plus « social » sur les projets de restauration des cours d’eau ?

        Le Groupe de Travail sur les petites rivières urbaines franciliennes se penche sur les caractéristiques spécifiques de ces cours d’eau (des variations qui n’ont rien de naturel, une hydraulique sous contrôle, la dualité de la trame urbaine et de la trame écologique…), les questions particulières qu’ils soulèvent (différence entre une rivière ré-ouverte et un canal, valeurs données à la rivière …), et les enjeux d’aménagement relatifs à l’intégration de ces cours d’eau dans le quartier (place des priorités environnementales, articulation avec les Trames Verte et Bleue).

        Le collectif poursuit sa réflexion au croisement de deux constats. D’une part, l’engagement des collectivités dans des opérations d’aménagement (restauration, réhabilitation, renaturation, recréation) qui prennent la rivière pour support. D’autre part, un manque d’information et de retour d’expérience sur ces initiatives de revalorisation des cours d’eau urbains et périurbains. Le besoin de connaissance concerne particulièrement les critères qui fondent, pour les habitants, un cours d’eau urbain de qualité, et les arguments sociaux et politiques (pas seulement écologiques) permettant de poursuivre les opérations engagées. Pour répondre à ces questions, le groupe propose des séances d’information et d’échange, ouvertes à tous les membres d’ARCEAU et aux personnes désireuses de rejoindre l’association, construites autour d’interventions aussi bien de gestionnaires que de chercheurs. Les premières conclusions soulignent les écarts manifestes entre les études scientifiques souvent centrées sur une approche « écologico-centrée » des cours d’eau, quand les gestionnaires de l’action publique conduisent des réflexions beaucoup plus larges qui intègrent opportunité d’aménagement, amélioration du cadre de vie, usages des riverains, conduisant à une conception spécifique de la « nature en ville ».

Extrait de la Newsletter - Juillet 2014

        Le groupe « Petites rivières urbaines » creuse son sillon : une  nouvelle journée d'étude associant opérationnels et scientifiques a  été proposée le 27 mai dernier, autour de la question « Quelles  informations retirer de la gestion des lacs urbains pour celle des  petites rivières ? ».

Julie Sagnier, chargée de mission biodiversité à la Communauté  d'agglomération « Les lacs de l'Essonne », a présenté leur initiative  de renaturation des berges et de renouvellement urbain avec les  habitants. Elle a ensuite laissé la place à trois chercheurs du LEESU,  Véronica Mitroi, José-Frédéric Deroubaix et Brigitte Vinçon-Lette, qui  sont revenus sur les apports du projet PULSE (Peri-Urban Lakes Society  and Environnement). Ils ont pu opérer un parallèle entre les lacs urbains et les petites rivières urbaines, et analyser les représentations de la qualité de l'eau qu'expriment les citadins.

        Une quinzaine de participants ont réagi aux deux présentations et les  discussions se sont prolongées tard dans l'après-midi. Les débats ont  pris la forme d'une mise en perspective critique des indicateurs  écologiques ou socio-écologiques qui sanctionnent l'action publique  environnementale, en particulier dans la gestion des milieux  aquatiques urbains et périurbains.

        L'injonction à évaluer les actions menées dans ces champs suscite  frustrations et controverses. Les référentiels sont particulièrement  incriminés : trop floues, déterritorialisés ou encore trop exigeants, ils contraignent les opérationnels à une  communication souvent négative ou dévalorisante.

        D'autres limites sont pointées : l'absence bien souvent d'un « état  zéro » à l'échelle locale (permettant d'objectiver un « avant / après  ») comme le manque d'objectifs réalistes tenant compte d'une pluralité  de contraintes (pollution « historique » du site, usages sociaux à  concilier, etc.).

        Les témoignages des uns et des autres et les réflexions des  scientifiques (qui, eux, ne proposent pas des « indicateurs » mais  plutôt des « descripteurs ») ont permis de préciser la problématique  et d'imaginer des solutions. Elles prendront au sein d'ARCEAU la forme  d'une expérimentation collective visant à produire des indicateurs en  propre sur un territoire donné de la région parisienne. Des visites de  terrain seront organisées pour coupler observation et réflexion, des  temps de dialogue sont prévus avec une pluralité d'acteurs (dont les  services de l'Etat) pour confronter les visions et « vécus » de chacun  à l'égard des indicateurs. Le reste de la méthode reste à inventer. L'objectif est clair : construire une grille d'évaluation plus «  juste », à même de faire sens pour les professionnels en charge de  l'action publique, et qui leur permette de valoriser leur travail auprès des élus et de la population ainsi que de se doter d’un plan de gestion.

Extrait de la newsletter - Novembre 2014

« La biologie, nous on arrête, on a toujours des 6 ou des 7 sur 20…! » (Une opérationnelle du CG 94, groupe PRUNE)

        Le groupe « Petites rivières urbaines » (PRUNE) se lance comme prévu dans une expérimentation collective, qui vise notamment à s’affranchir d’une communication très « déprimante » quand on aborde la restauration des cours d’eau. Les indicateurs, notamment biologiques, ne quittent pas les zones rouges et oranges, et les notes sont en-dessous des performances attendues, quels que soient les efforts mis en oeuvre. La faute à un référentiel qualifié d’imparfait voire « d’injuste », car ne tenant pas compte de l’état de départ des masses d’eau, des pressions particulières exercées par les activités humaines dans certains espaces. La question que se pose le groupe PRUNE est la suivante : « est-il possible d’aller vers un mieux qu’on aurait défini nous-même, à partir d’un ensemble de critères jugés plus justes, plus efficients et plus territorialisés ? » Le but n’est pas de « sortir » du cadre de la DCE, mais bien de développer une vision complémentaire : l’approche proposée a des ambitions stratégiques, opérationnelles, éthiques, expérimentales…

        Le territoire du Morbras est retenu comme site d’investigation pour réaliser cette expérimentation collective, plus précisément le parc du Morbras à Sucy-en-Brie, géré en grande partie par le CG 94. Des travaux ont déjà été entrepris dans cette zone, et de premiers effets sont observables (un mystère reste notamment à éclaircir, qui concerne la recrudescence étonnante de poissons dans une zone qui apparait comme un « refuge »…). La prochaine étape va consister à réunir autour de la table les acteurs invités à confronter leurs visions de ce que peut être un « gain » en qualité pour une petite rivière urbaine (DRIEE, Conseils généraux, Agence de l’eau, communes). Parle-t-on de critères physiques, chimiques, morphologiques ? Va-t-on jusqu’à des indicateurs sociaux ou « socialisés » qui prendraient en compte l’appropriation de l’espace par les usagers ? L’exemple du Morbras servira à tirer des enseignements que le groupe souhaite utiles à l’ensemble des collectivités. Il est prévu en parallèle une visite collective du site, pour concrétiser les choses et discuter in situ des projets, souhaits, et idées de chacun pour la restauration de ce cours d’eau.

Extrait de la newsletter - Février 2015

Kway, terrain et recherche-action sur le Morbras

        Jeudi 8 janvier 2015, une quinzaine de membres d’Arceau ont parcouru un petit tronçon du Morbras, choisi comme terrain d’expérimentation pour le projet porté par le groupe « Petites rivières urbaines » : proposer un référentiel d’évaluation des projets de restauration des cours d’eau (amélioration de la qualité de l’eau, gains pour la biodiversité…), qui parte de la vision des opérationnels parties-prenantes des projets, et construit à partir de critères jugés plus justes, plus efficients et plus territorialisés.

        Le groupe a prospecté du ru de la Fontaine de Villiers, à Noiseau, jusqu’au parc du Morbras à Sucy, sous la conduite de Christophe Debarre (syndicat Marne Vive) et de Marie Berdoulay (DSEA, CG94), assistés de collègues de la DSEA et du CG94, venus nous présenter l’état des réseaux d’assainissement, l’aménagement du parc, les projets du département et de la Communauté d’Agglomération du Haut Val-de-Marne.

        L’objectif était d’arpenter ensemble le Morbras pour confronter nos regards. L’ambition du projet est « d’échapper » à une approche de la restauration construite à partir des seuls indicateurs d’état et de pression de la DCE, trop restrictifs ou peu adéquats dans le cas d’une rivière fortement modifiée : les « gains » de reconquête sont alors difficiles à définir, tout comme les effets des possibles opérations de restauration.

        La visite de terrain avait pour but de définir et choisir ensemble des objectifs de restauration, qui prennent en compte dès le départ la reconquête d’une qualité écologique, mais aussi l’apport des services écosystémiques (inondation et biodiversité) et des objectifs de « qualité » urbaine (effets d’un nouveau paysage de Trame verte et bleue dans les tissus urbains traversés).

        Beaucoup d’entre nous ont fait la découverte, in situ, d’un tronçon du Morbras à la morphologie très préservée dans le parc (sur d’anciens vergers), mais aussi des effets liés à la poursuite de l’urbanisation des berges, et de leur consolidation sur le ru de la fontaine de Villiers. Nous avons aussi noté certaines contradictions existantes entre plusieurs objectifs de la restauration du cours d’eau : par exemple, les débordements brutaux d’un cours d’eau au régime torrentiel s’effectuent aux dépends de la préservation de la faune et de la flore en place.

        Il reste donc à comparer prochainement, à l’occasion de la séance du 10 mars prochain, les éléments que nous aurons chacun relevés : les caractéristiques de ce cours d’eau, son insertion dans le paysage environnant, sa qualité. Cette discussion collective, appuyée sur l’observation et les notes que chacun avait pour consigne de prendre, doit permettre de dégager des objectifs communs pour un futur aménagement possible.

Extrait de la Newsletter - Octobre 2015

        Le GTT propose une méthode de travail sur le Morbras. Cette méthode de travail s’inscrit par rapport aux objectifs et aux questions portées par le GTT : Est-ce que la notion de rivière en milieu urbain est spécifique ou pas ?, Qu’est-ce que la qualité urbaine et comment la rivière y participe-t-elle ? Quels sont les enjeux environnementaux ? .

        Ses principaux objectifs sont :
 Recueillir pour déconstruire les représentations de tous sur la rivière, son bon état et son aménagement (techniciens, élus, usagers),
 de façon à pouvoir ensuite établir un travail de reconstruction et de propositions communes d’action sur la rivière.

        Cette méthode s’insère dans un contexte territorial particulier : 
celui du Grand Paris,
 celui du SAGE Marne Confluence, en référence au diagnostic réalisé et le choix du scénario 3 par la CLE (un engagement pour faire de l’eau et des milieux un atout du territoire),
 celui du Morbras, avec le rôle du syndicat amont (volonté d’une étude sur la totalité du cours d’eau), de la communauté d’agglomération à l’aval et celui du CG94 propriétaire du parc du Morbras (voire aussi du port de Bonneuil).

Extrait de la Newsletter - Juin 2016

Le GTT Petites Rivières Urbaines organise une série d’ateliers sur la rivière du Morbras et son rôle comme atout du développement du territoire. Il s’agit  de donner la parole à des acteurs que l’on n’a pas l’habitude d’entendre dans les commissions locales de l’eau et qui jouent un rôle, par leur activité professionnelle ou associative, dans l’aménagement. Ces ateliers doivent leur fournir l’opportunité de s’emparer des enjeux autour du Morbras avant que la question ne soit traitée dans le cadre plus technique d’un projet par les élus et les techniciens. Ils doivent permettre d’associer la restauration de la qualité écologique de la rivière avec le développement des territoires de la vallée (comme la poursuite de son urbanisation et le maintien des activités agricoles).

Un premier atelier a eu lieu le samedi 4 juin à l’Espace Jean-Marie Poirier de Sucy-en-Brie. Nous remercions la mairie de Sucy-en-Brie qui a hébergé et parrainé l’atelier et les services municipaux qui nous ont aidés dans la préparation de l’évènement. Ce premier atelier a été l’occasion de dégager collectivement une vision des atouts de cette petite rivière, partant des territoires. Il a regroupé des acteurs institutionnels (chargé de mission communale et élue au développement durable, architecte, paysagiste, ingénieure en assainissement) et des associations de riverains (animateur nature, association artistique, de pêche et jardins partagés, apiculteur). L’atelier a été  conçu comme un moment d’échange libre, afin de partager l’expérience de chacun et leurs attentes possibles. Ces travaux seront valorisés très prochainement à travers une synthèse de la matinée qui sera envoyée à tous les participants ainsi qu’aux autres acteurs rencontrés lors de la phase d’étude préalable et qui n’ont pas pu être présents à l’atelier.